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Europcar accusée d'avoir enfreint les règles du MPCC

Le coureur Pierre Rolland s'entraîne avant le Critérium international, à Ospedale (Corse), le 22 mars 2013 [Pascal Pochard-Casbianca / AFP/Archives] Le coureur Pierre Rolland s'entraîne avant le Critérium international, à Ospedale (Corse), le 22 mars 2013 [Pascal Pochard-Casbianca / AFP/Archives]

L'équipe Europcar a été accusée lundi d'avoir enfreint les règles du Mouvement pour un cyclisme crédible (MPCC) en ayant fait courir Pierre Rolland malgré un taux effondré de cortisolémie à la fin du Critérium du Dauphiné.

Pierre Rolland aurait dû être mis au repos dès samedi soir et ne pas prendre le départ de la 8e et dernière étape, le lendemain, à Sisteron (Alpes de Haute-Provence), selon une information du site lequipe.fr confirmée par plusieurs sources à l'AFP.

Le grimpeur français, 8e du dernier Tour de France, a parcouru 20 kilomètres dimanche avant d'arrêter en invoquant une douleur au tendon d'Achille. Son équipe avait expliqué ensuite qu'un repos de trois jours lui avait été prescrit pour soigner cette douleur.

Jean-René Bernaudeau, responsable de l'équipe Europcar, a assuré qu'il n'y avait pas d'infraction en raison d'un problème d'horaire trop matinal. Nous avons contacté le docteur Armand Mégret qui a autorisé le départ", a-t-il déclaré au site du quotidien.

"C'est faux", a réagi auprès de l'AFP le Dr Mégret en insistant sur le respect du règlement: "C'est au médecin de l'équipe qu'il revient d'informer l'encadrement afin de dire qu'il y a contre-indication, un "no start" (interdiction de départ)".

Les règles du MPCC, mouvement dont Jean-René Bernaudeau est membre fondateur, stipulent, comme le prévoit également le règlement français, qu'en cas de cortisolémie effondrée (insuffisance surrénale), le coureur doit observer un arrêt immédiat d'une semaine et ne peut reprendre la compétition qu'après normalisation de ce taux.

Une logique de santé

"On est dans une logique de contrôles de santé et non de contrôles antidopage", a rappelé le président du MPCC, Roger Legeay, à propos de ce règlement. "Le coureur est fatigué, a besoin de se reposer, pour faire des analyses supplémentaires", a-t-il ajouté.

"Je n'ai pas eu d'explications sur ce qui s'est passé", a encore dit Legeay en soulignant que la confidentialité médicale avait été gardée au niveau de son mouvement, créé en 2007 sur la base du volontariat par les équipes en pointe dans la lutte antidopage.

Le MPCC, en collaboration avec la Fédération française de cyclisme et la Ligue nationale du cyclisme, procède à des contrôles réguliers pendant la saison auprès de ses équipes adhérentes, de plus en plus nombreuses depuis l'automne passé. Quatorze des vingt-deux formations qui participeront au prochain Tour de France ont rejoint ce mouvement.

Avant la 7e et avant-dernière étape du Dauphiné, quarante-deux contrôles sanitaires (sur 14 équipes différentes) ont été diligentés par le MPCC. Pour un seul "no start".

Par le passé, d'autres coureurs français, Anthony Charteau (Europcar) et Mickaël Delage (FDJ), ont dû observer un arrêt pour respecter ces règles.

La nouveauté tient cette fois à la décision de permettre au coureur de continuer l'épreuve, en contradiction avec le règlement interne du MPCC.

Une sanction de la part du MPCC (avertissement, exclusion...) est décidée par son conseil d'administration.

Le MPCC a établi des règles plus sévères que celles de l'Agence mondiale antidopage (AMA) sur l'usage des corticoïdes, susceptible d'être couvert vis-à-vis du code mondial par une prescription médicale. L'utilisation des corticoïdes peut être la cause d'un taux trop bas de cortisolémie.

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